I05
Drone
Stephan Ricci
2012

———

Impression offset sur papier offset 90 g/m²
40 x 60 cm
700 ex.
Le texte est composé en Optima et en Garamond
ISSN 2258-2959
Dépôt légal à parution

———

La machine de Stephan Ricci dessine à partir de la vibration des mots, lorsqu’on raconte l’histoire d’un souvenir, lorsqu’on raconte un parcours de vie. Un micro relié à un drone sensible aux ondes et actionnant un feutre noir sur une large feuille de papier, devient le lieu de passage entre le son et le dessin. Tracer l’immatérialité des émotions, en garder la mémoire, et devenir ainsi spectateur de son propre souffle. Ce projet tente de donner une représentation du trajet mental, en passant par la machine, qui fait prothèse, au seuil de l’intime et l’estime. La temporalité du souvenir et de sa mise en mots se confond avec celle du tracé. Sur la feuille, l’épaisseur et la nervosité variable du trait, tantôt anguleux, tantôt courbé, témoigne du passage des vibrations disparues et s’affiche aux yeux de tous. La « machine sensorielle » accomplit ce que la main ne pourrait dessiner, dans une mise en abyme de l’acte créatif. Son trait est guidé par l’humain, mais reste un trait mécanique, désaffecté, répondant à un système aléatoire. Ce paradoxe conduit à questionner l’utopie du projet. Est-il réellement possible de saisir l’insaisissable ? Et si ça ne l’est pas, l’acte de passage, de transfert, n’est-il pas le véritable intérêt de l’oeuvre ? En comparant les récits graphiques de deux personnes ayant vécues ensemble la même histoire, dans les mêmes lieux, Stephan Ricci propose de questionner le rendu de ce projet et d’en poursuivre la réflexion.
— Mathilde Bardou

I05
Drone
Stephan Ricci
2012

———

Offset print on 90 g/m² offset paper
40 x 60 cm
700 ex.
The text is composed in Optima and Garamond
ISSN 2258-2959
Legal deposit upon publication

———

Stephan Ricci’s device draws from the vibration of words, when one recalls the story of memories, when talking about a course of life. A microphone, connected to a wave sensitive drone activates a black felt pen on a large sheet of paper, becomes the passage point from sound and the drawing. Tracing the immateriality of emotions, keeping its memory, and thus becoming the spectator of one’s own breath. This project aims to give a representation of the mental process, at the threshold of intimate and esteem through the device operating as a plug-in. The temporality of souvenir as expressed in words blends with that of the strokes. On the sheet, the thickness and the variable quickness of the line, sometimes angular, sometimes curved, attest the passage of the vanished vibrations and appear to the eyes of everyone. The « sensory device » carries out what the hand could not draw, in a mise en abyme of the creative act. Its line is guided by a human, but remains a mechanical and an abandoned line, responding to a random system. This paradox brings to question the utopia of the project. Is it really possible to seize the unseizable? And if not, isn’t it, the act of passage and the transfer, the real interest of the artwork? By comparing the graphical tales of two people who lived the same story together, in the same place, Stephan Ricci questions the depiction of this project and continues its reflection.
— Mathilde Bardou

infrastudio_i05_ricci_2012_1

infrastudio_i05_ricci_2012_2

infrastudio_i05_ricci_2012_3